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Laurent Vimont - Président de Century 21 France

Laurent Vimont
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Pour Laurent Vimont, président de Century 21 France, c'est sûr, les prix sont orientés à la hausse début 2010 _ dans son réseau (900 agences Century 21), en tout cas. Pour l'ensemble de l'année, il anticipe une hausse finalement modeste des prix, de l'ordre de 1 % à 3 %. Les primo-accédants, qui avaient révaillé le marché fin 2009, y sont moins présents au premier trimestre 2010, à cause de l'augmentation des prix, justement. Il constate en revanche un vrai retour des secondo-accédants, qui, vendeur d'un côté et acheteur de l'autre, attendaient un signal, qui est arrivé quand les prix ont commencé à remonter, au second semestre 2009. Ils profitent aussi du faible coût actuel des crédits immobiliers. Les prix parisiens restent, eux, en très forte hausse, en raison notamment de la pénurie des biens à vendre. Ils pourraient cependant fléchir en seconde partie d'année.

Comment évolue le marché immobilier au 1er trimestre 2010 ?

D'après nos chiffres (nous représentons 8 % de l'ensemble du marché), les prix sont clairement réorientés à la hausse. Nous sommes en train d'annuler la baisse des prix liée à la crise. Les prix avaient alors chuté de -10 % à -11 %, mais entre le 1er trimestre 2009 et le 1er trimestre 2010, ils ont regagné près de 7 % (6,97 %). L'augmentation des prix est d'ailleurs plus marquée pour les appartements, qui du 1er trimestre 2009 au 1er trimestre 2010, se sont appréciés de +9,28 % selon nos statistiques. Pour les maisons, la croissance sur la même période n'est que de +4,31 %.

Pourquoi les prix des appartements progressent davantage que ceux des maisons ?

Le marché immobilier a redémarré, dans la première partie de l'année 2009, grâce aux primo-accédants, pour qui, il est plus facile financièrement d'acheter un appartement qu'une maison. Avec la baisse des prix, conjuguée à celle des taux d'intérêt des prêts immobiliers, les primo-accédants sont revenus beaucoup plus vite sur le marché, ce qui a entrainé une hausse plus rapide du prix des appartements.

Début 2010, qui sont les acheteurs ?

Il y a moins de primo-accédants sur le marché, car les prix sont remontés trop vite. Le marché s'autorégule rapidement. Quand les prix montent de plus de 4 %, cela entraîne un blocage du marché sur les volumes avec moins de transactions, qui lui-même entraîne alors une baisse des prix. Dans nos statistiques c'est assez spectaculaire : les quatre régions où les prix avaient connu la hausse la plus brutale au second semestre 2009 (Franche-Comté, Basse-Normandie, Haute-Normandie et Pays-de-la-Loire), sont aussi celles où ils ont affiché la plus forte baisse début 2010 (respectivement -11 %, -4,4 %, -9,5 % et -14 %). Les multi ou secondo-accédants sont eux, revenus sur le marché début 2010. Ces clients font une double opération : ils vendent un bien immobilier pour en acheter un autre. Pendant la crise, ils étaient tiraillés entre la volonté de vendre sans perdre trop d'argent et celle d'acheter en réalisant une bonne affaire. Dans l'incertitude, ils avaient reporté leurs projets. Ils attendaient un signal, qui est arrivé quand les prix ont commencé à remonter, au second semestre 2009, pas avant. Ces secondo-accédants se sont alors remis sur le marché. Début 2010, un autre élément les a incité à bouger. Le marché a retrouvé du volume, avec des transactions plus nombreuses, ce qui a aussi réduit les délais de vente. Or, ceux qui sont acheteurs-vendeurs souhaitent généralement vendre vite.

Qu'est-ce qui soutient le marché parisien ?

Paris fait figure d'exception, avec une augmentation nette des prix de +11,3 % sur un an, et de +7,4 % entre le 1er trimestre 2010 et le 4ème trimestre 2009. Les prix montent pour différentes raison. D'abord le marché parisien est totalement saturé. L'an dernier à la même époque nos agences parisiennes géraient environ 70 mandats, contre une quinzaine seulement actuellement. Cette pénurie des biens à vendre se répercute sur les prix. Ensuite, le marché parisien, compte tenu de ses niveaux de prix, intéresse surtout des secondo-accédants., qui sont moins liés aux contraintes du financement que les primo-accédants. Ils arrivent sur le marché avec des plans de financement de très bonne qualité, puisque leur apport personnel est également constitué des plus-values réalisées sur le bien immobilier vendu. Cela fait d'eux des clients extrêmement solvables et comme les taux d'intérêt des prêts immobiliers sont actuellement très bas, ils en profitent pour réaliser leur projet.Enfin, Paris reste une valeur sûre pour les investisseurs. Selon nos chiffres, les achats immobiliers à vocation de placement ont bondi de 30 % au premier trimestre 2010. Les clients sont certains que les prix ne baisseront pas à Paris et parrallèlement ils s'attendent à des hausse de loyers sur le long terme.

Comment voyez-vous le marché dans les prochains mois ?

Nous maintenons nos prévisions de hausse des prix de 1 % à 3 % au niveau national pour l'ensemble de l'année, à taux d'intérêts constants. Au-delà de 3 %, cela parait difficile compte tenu du niveau de solvabilité des clients acquéreurs. En revanche, le nombre de transactions devrait repartir plus franchement et atteindre 600.000 ou 650.000 ventes, soit 15 % à 20 % de plus qu'en 2009.

Cela vaut-il aussi pour Paris ?

Non. Comme je vous l'ai dit, les prix ont déjà beaucoup progressé et devraient s'ajuster à la baisse au deuxième semestre de l'année, de 1 % à 2 %. Ils resteront cependant positifs sur l'ensemble de l'année avec, selon nos estimations, une hausse d'environ 8 %.

Propos recueillis par :
Pierre Desforges
Relations Presse
Service presse & communication
Site Leader Immobilier